Manuel d'utilisation
Prise en main et référence complète de JustMakeQ, chapitre par chapitre.
Chapitre 1
JustMakeQ est un logiciel de régie multimédia : il joue dans l'ordre une liste de "cues" (audio, vidéo, image, MIDI, OSC...) au fil d'un spectacle, déclenchées une par une avec la touche GO.
Téléchargez l'installeur correspondant à votre système depuis votre espace de téléchargement, puis lancez-le. Au premier démarrage, l'écran d'accueil s'affiche :
L'écran d'accueil : créer un nouveau projet, en ouvrir un existant, ou retrouver un projet récent.
Le statut de licence apparaît sous le logo ("Licence activée" en vert). Si ce n'est pas encore le cas, le bouton "Gérer ma licence" ouvre license.justmakeq.com dans votre navigateur : connectez-vous (SSO Breizhzion), récupérez votre clé de licence sur votre tableau de bord, puis collez-la dans la fenêtre d'activation de l'application.
Cliquez sur "Nouveau Q" pour démarrer un projet vide. La fenêtre principale s'ouvre, avec une cue-list encore vide :
La fenêtre principale : barre de transport (GO/Stop/Pause) en haut, boutons d'ajout de cue juste en dessous, cue-list à gauche, inspecteur à droite.
Pour ajouter une cue, cliquez sur son type dans la barre "+ Cue" (Audio, Vidéo, Image, MIDI, OSC, PJLink, HTTP, Fade, Play, Pause, Stop, Wait, Group, Sep). Elle apparaît aussitôt dans la cue-list :
Une cue Audio vient d'être ajoutée - elle apparaît en rouge/orange tant qu'aucun fichier n'est encore associé.
Cliquez sur la cue dans la liste pour l'ouvrir dans l'inspecteur (à droite) : c'est là que se règlent tous ses paramètres, à commencer par le fichier à jouer, dans l'onglet "Réglages".
Une cue sélectionnée : l'inspecteur affiche son identité (nom, numéro, couleur) et son minutage (pré-attente, post-attente, auto-follow/auto-continue).
Espace ou le bouton GO : déclenche la cue sous le curseur de lecture (le triangle orange dans la cue-list) et avance le curseur sur la suivante.Échap ou le bouton Stop All : arrête tout ce qui est en cours de lecture.P ou le bouton Pause : met en pause la cue sélectionnée ; Pause All met tout en pause (pas de raccourci par défaut).H ou le bouton Set Head : déplace le curseur de lecture sur la cue sélectionnée sans la déclencher.↓ / ↑ : déplacent le curseur de lecture sur la cue suivante/précédente sans la déclencher.Ce sont les raccourcis par défaut - ils se personnalisent dans Préférences > Raccourcis clavier.
Chaque cue peut avoir un temps de pré-attente (avant de démarrer) et de post-attente (avant que la cue suivante ne s'enchaîne automatiquement, si "Auto-continue" est coché). Avec "Auto-follow", la cue suivante part quand celle-ci est terminée ; avec "Auto-continue", elle part en même temps.
☰ Fichier > Importer une conduite... reprend une conduite faite dans QLab 5 (fichier .qlab5, ou sauvegarde automatique .qlab5backup), sans avoir QLab sous la main. L'import crée une nouvelle liste de cues, nommée d'après le classeur, et la rend active : la conduite ouverte et le fichier d'origine ne sont pas touchés. Les numéros de QLab sont gardés. Sont repris les noms, les notes, les attentes, les enchaînements (auto-continue, auto-follow), les cues Audio et Vidéo (niveau, bornes, boucle), Fade, Stop, Play, Pause, GoTo, Wait, OSC, MIDI et les groupes. Une cue sans équivalent (Titres, Caméra, Lumière, Script...) est gardée désarmée, avec son numéro et son nom. Un rapport s'ouvre à la fin et dit, cue par cue, ce qui est importé, partiel ou non importé. Les médias sont cherchés à côté du classeur, puis à leur emplacement d'origine.
.qlab5 ouvert directement (double-clic ou ligne de commande) n'est pas importé : il est traité comme un projet et refusé sans licence. L'import n'est pas disponible pendant une session de coworking : fermez la session, importez, puis relancez-la.
Chapitre 2
Le bouton "Préférences" de la barre d'outils ouvre un dialogue à onglets qui centralise tous les réglages qui ne dépendent pas d'un projet en particulier (matériel, réseau, raccourcis). Le détail de chaque onglet suit ci-dessous ; les Raccourcis clavier ont leur propre chapitre (3), tout comme le pilotage par IA (13).
Thème, accélération GPU pour la vidéo, protection GO (délai minimum anti-double-appui), comportement de Stop All (arrêt immédiat ou fondu), option de clic sur la cue-list, export/import des réglages.
"Exporter les réglages..." / "Importer les réglages..." (en bas) sauvegardent ou transfèrent tout ce qui est indépendant du matériel (thème, langue, patchs OSC, serveurs, raccourcis) vers un fichier - pratique pour dupliquer sa configuration sur une autre machine sans refaire tous les réglages à la main. Les écrans, cartes son et surfaces vidéo propres à chaque installation ne sont jamais inclus.
Rendu vidéo. Dans Préférences > Général > Rendu vidéo, la case « Accélération GPU (OpenGL) » est décochée par défaut et prend effet à la prochaine lecture. Cochée, le rendu passe par la carte graphique, ce qui compte surtout pour plusieurs vidéos à la fois et pour la 4K. Elle couvre la géométrie de la surface : warp, keystone, edge blending, forme, masque (selon la forme ou depuis une image), aide au plaquage, médias sphériques et 360° (équirectangulaire, domemaster, double fisheye sur une boule ou un cylindre) et fondus d'opacité, et la conversion YUV vers RVB des images NV12, P010 et YUV420P se fait aussi sur la carte graphique. Mesuré sur un PC modeste (carte GTX 1060, processeur i5-9400F) : une vidéo 4K à 60 images par seconde avec warp, keystone, edge blending et masque reste autour de 58 à 60 images par seconde en rendu GPU, contre 18 à 23 en rendu logiciel. Restent en rendu logiciel : la rotation 3D d'une cue, les cues Texte, les effets vidéo, l'aperçu de l'inspecteur, le moniteur de prévisualisation tant qu'il est ouvert, une surface dont les réglages sont illisibles, et un poste où OpenGL n'est pas disponible. Sous la case, la ligne « Dernière sortie vidéo : rendu GPU » ou « Dernière sortie vidéo : rendu logiciel » (raison) indique ce qui s'est réellement passé à la dernière lecture ; quand l'accélération est cochée mais pas utilisée, la raison du repli est aussi écrite dans le journal (menu ? > Voir les journaux...).
Vidéos HDR. JustMakeQ n'applique aucune conversion HDR de son côté : Qt convertit lui-même une vidéo HDR (HLG ou PQ, BT.2020) en SDR BT.709, et le logiciel affiche ce résultat tel quel, en rendu logiciel comme en rendu GPU. La sortie est donc toujours en SDR (sur un poste où Qt ne dispose pas d'OpenGL, il ne convertit pas, et la vidéo s'affiche sans conversion). Une vidéo HDR d'iPhone n'est plus convertie deux fois, ce qui la rendait trop sombre et trop saturée.
Chaque sortie physique (carte son) est déclarée une fois : nom, interface, nombre de canaux.
Chaque canal patch (utilisé dans le mixer d'une cue Audio, chapitre 7) se nomme librement ici et se route vers un canal réel d'une sortie déclarée dans Routing.
Jusqu'à 5 entrées audio live nommées, utilisées par les cues In Audio (chapitre 15). Chaque entrée est de type "Périphérique" (une entrée de carte son ou de console USB, y compris les canaux Dante exposés par Dante Virtual Soundcard, avec choix du nombre de canaux capturés) ou "NDI" (l'audio d'une source NDI du réseau). Le bouton "Actualiser les périphériques" recharge la liste et découvre les sources NDI.
Chaque sortie physique (écran) est nommée une fois ; une mire de calibration (grille, damier...) peut être lancée directement pour vérifier le cadrage sur le bon écran.
Une "surface" associe une zone rectangulaire à une sortie déclarée dans Routing - c'est elle qu'une cue Vidéo/Image choisit comme destination (chapitre 8). Onglet "Géométrie" :
Nom, sortie vidéo cible, mire de calibration propre à cette surface, résolution (avec bouton pour reprendre celle de la sortie), et option "surface multiscreen" pour s'étendre sur plusieurs sorties.
Onglet "Warp", pour corriger la déformation d'une projection (mur non plan, angle de projecteur) :
Maillage de déformation (mode Linéaire ou Bézier), nombre de lignes/colonnes de points, déplacement à la souris (clic-glisser) ou au clavier (flèches, +Shift pour un pas de 10px), point central pour déplacer toute la surface, zoom molette.
Jusqu'à 5 entrées vidéo live nommées, utilisées par les cues In Video (chapitre 15). Chaque entrée est de type "Périphérique" (webcam ou carte d'acquisition, avec choix de la source audio associée : "(auto)" prend le micro du même périphérique) ou "NDI" (une source du réseau, avec son audio embarqué). Le champ de synchro A/V, en millisecondes, cale le son sur l'image : valeur négative = retarder l'image, positive = retarder le son, réglable en direct pendant qu'une cue joue. Les entrées sont identifiées de façon persistante : débrancher/rebrancher un périphérique ne casse pas les cues.
Jusqu'à 6 patchs, chacun avec son protocole, sa banque (console/logiciel ciblé), son interface réseau source, sa destination et un mot de passe optionnel selon le protocole. Utilisés par les cues OSC (chapitre 10).
Reçoit des commandes OSC pour piloter JustMakeQ à distance (GO, Stop, Pause, cue suivante/précédente, aller à un numéro de cue précis).
UDP par défaut, TCP en option. Le serveur reçoit en UDP. Pour un contrôleur qui n'envoie qu'en TCP, cochez « Accepter aussi l'OSC en TCP » dans Préférences > OSC > Entrant (Serveur), puis Appliquer ou OK : le serveur écoute alors aussi en TCP, sur le même numéro de port que l'UDP. La case est décochée par défaut : tant qu'elle l'est, aucune connexion TCP n'est acceptée. Le panneau indique le transport : « UDP uniquement », « UDP et TCP », ou « UDP uniquement (TCP indisponible : raison) » si le port TCP est déjà pris par un autre programme (l'UDP continue alors de fonctionner). Les deux façons d'encadrer l'OSC sur TCP, OSC 1.0 (chaque paquet précédé de sa taille) et OSC 1.1 (SLIP), sont reconnues toutes seules, connexion par connexion. Un paquet de plus de 64 Kio coupe la connexion, et 16 connexions simultanées au plus sont acceptées.
Jusqu'à 10 vidéoprojecteurs patchés (nom, interface source, destination, port, mot de passe optionnel), utilisés par les cues PJLink (chapitre 11). Le bouton "?" interroge l'état du vidéoprojecteur directement depuis cet écran.
Jusqu'à 4 ports de sortie (pour les cues MIDI, chapitre 9) et 4 ports d'entrée (raccourcis MIDI Learn, console de mixage), ouverts automatiquement au démarrage.
Chapitre 3
Préférences > Raccourcis clavier permet de personnaliser chaque raccourci, et propose en plus un "MIDI Learn" pour piloter le transport depuis un contrôleur MIDI physique (pédalier, surface de contrôle...).
Raccourcis clavier par défaut, et raccourcis MIDI Learn juste en dessous (un clic sur "MIDI Learn" puis un message CC ou Note associe le contrôle).
| Action | Touche par défaut |
|---|---|
| GO | Espace |
| Stop All | Échap |
| Cue suivante / précédente | ↓ / ↑ |
| Pause / Resume | P |
| Placer le playhead (Set Head) | H |
"Réinitialiser les défauts" restaure ces valeurs d'origine en un clic si une personnalisation pose problème.
Chapitre 4
La fenêtre principale se divise en trois zones :
De haut en bas : barre de transport, barre d'ajout de cue, puis les trois zones (Médias actifs, cue-list, inspecteur).
Le menu "☰ Fichier" donne accès à Nouveau projet, Ouvrir, Enregistrer, Créer un bundle (regroupe le projet et ses médias dans un seul dossier portable) et Session coworking... (chapitre 16). Le menu "?" ouvre l'aide, les journaux de diagnostic et la gestion de licence.
Chapitre 5
JustMakeQ propose 20 types de cues, chacun avec sa propre couleur dans la cue-list pour les repérer d'un coup d'œil :
De haut en bas : Audio, Vidéo, Image, MIDI, OSC, PJLink, HTTP, Fade, Group - chacun avec sa couleur propre.
Chapitre 6
Le curseur de lecture (playhead, triangle orange) avance d'une cue à chaque GO. Chaque cue peut avoir un temps de pré-attente (avant de démarrer) et de post-attente. Deux cases dans l'onglet Identité contrôlent l'enchaînement automatique :
Une cue désarmée (case "Armée" décochée) suit les mêmes délais qu'une cue normale mais ne joue jamais son média - utile pour des répétitions sans déclencher un média (vidéo, son) pas encore prêt, ou pour désactiver temporairement une cue sans la supprimer. Son nom apparaît rayé dans la cue-list.
Une cue Group regroupe plusieurs cues enfants (glissées dedans, ou sélectionnées puis "Grouper" via un clic droit). Le mode se choisit dans l'onglet Réglages :
Le mode de groupe se choisit ici : Playlist (séquentiel) ou Simultané.
Le groupe affiche sa couleur dans la cue-list selon son mode, et se déplie/replie avec les touches "<"/">" une fois sélectionné.
Chapitre 7
L'onglet Réglages d'une cue Audio permet de choisir le fichier, de définir un point de début/fin (pour ne jouer qu'un extrait), une boucle, une vitesse de lecture, et le routage vers les sorties physiques.
Fichier, Début/Fin, Loop, Vitesse, puis le mixer par canal (Master + canaux nommés dans les Préférences > Audio).
Une cue Fade ciblant cette cue peut faire varier progressivement le volume ou la vitesse déjà en cours.
Chapitre 8
Avant de lancer une cue Vidéo ou Image, il faut au moins une "surface" de projection définie dans Préférences > Vidéo > Surfaces (chapitre 2), elle-même associée à une sortie physique (écran) déclarée dans l'onglet Routing.
Une fois une surface disponible, la cue Vidéo/Image propose :
Fichier, surface cible, puis Géométrie (plein écran, opacité, échelle, position, rotation 3D X/Y/Z).
Une cue Image partage la même Géométrie et les mêmes Effets qu'une cue Vidéo (ici avec Saturation choisie).
Le bouton "Preview" de la barre de transport ouvre une prévisualisation composée de tous les médias actuellement actifs sur la sortie choisie, sans déclencher quoi que ce soit - pratique pour vérifier un cadrage avant le show.
Chapitre 9
Une cue MIDI envoie un ou plusieurs messages sur un port de sortie configuré :
Port de sortie, puis une liste de messages (Note On/Off, Control Change, SysEx, NRPN...), ajoutés/supprimés librement.
Les ports se déclarent dans Préférences > MIDI (jusqu'à 4 sorties et 4 entrées) :
Les ports d'entrée reçoivent les commandes MIDI (raccourcis MIDI Learn, console de mixage) et s'ouvrent automatiquement au démarrage.
Le bouton "Console" de la barre de transport ouvre une console de mixage : Master + 10 canaux de sortie, avec VU-mètres et assignation MIDI Learn par fader (pour piloter chaque canal depuis un contrôleur physique).
"Copier les réglages" reprend ces niveaux dans le mixer d'une cue Audio sélectionnée ; "Reset tout à 0 dB" remet tous les faders à leur valeur neutre.
Chapitre 10
Une cue OSC envoie une commande à un logiciel ou une console tiers. Deux modes dans l'onglet Réglages :
Mode "Manuel" : host/port/adresse OSC saisis directement, avec des arguments (Args) dont le type - nombre, booléen ou texte - est détecté automatiquement.
Les patchs sortants et le serveur d'écoute entrant se configurent dans Préférences > OSC :
Jusqu'à 6 patchs sortants, chacun avec son protocole, sa banque, son interface réseau source, sa destination et un mot de passe optionnel selon le protocole.
Ports par défaut de JustMakeQ : 53025 (patch générique) et 53026 (serveur entrant local), volontairement distincts des ports par défaut de QLab.
Chapitre 11
PJLink est un protocole réseau standard pour piloter des vidéoprojecteurs (allumage, extinction, sélection d'entrée, coupure image...). Les vidéoprojecteurs se patchent une fois dans Préférences > PJLink (10 emplacements) :
Nom, interface réseau source, adresse IP de destination, port et mot de passe optionnel pour chaque vidéoprojecteur. Le bouton "?" en bout de ligne interroge directement le vidéoprojecteur (nom, fabricant, modèle, alimentation, entrée active, shutter, lampe, erreurs) ; la date de la dernière interrogation reste affichée en permanence dans sa colonne.
Une cue PJLink choisit ensuite simplement un vidéoprojecteur patché et une commande :
La cue se renomme automatiquement pour refléter le vidéoprojecteur et la commande choisis.
Chapitre 12
La cue HTTP envoie une requête web (GET/POST/PUT/PATCH/DELETE) vers un service tiers - utile pour piloter à peu près tout appareil ou logiciel exposant une API web (éclairage connecté, notification, automatisation domestique...).
La cascade "Produit" puis "Action" propose des modèles prêts à l'emploi ; méthode, URL, en-têtes et corps de requête restent modifiables librement.
Des modèles préremplis existent pour une quinzaine de produits courants (vMix, WLED, Bitfocus Companion, Philips Hue, Shelly, Home Assistant, Discord, Pushover, ntfy, caméras PTZ compatibles PTZOptics...), pour éviter d'avoir à rédiger soi-même chaque requête. Le champ "Dernière réponse" affiche en direct le retour du serveur, utile pour vérifier qu'une requête fonctionne bien avant le show.
L'option "Réessayer automatiquement après" relance une seule fois la requête après le délai choisi si le premier envoi échoue (panne réseau ponctuelle) - la cue passe en erreur uniquement si les deux tentatives échouent.
Chapitre 13
La cue Stream affiche un flux vidéo réseau en direct sur une surface de projection - caméra IP, encodeur ou mélangeur vidéo exposant un flux standard. Elle partage la même géométrie (position, échelle, rotation), les mêmes effets vidéo et le même mixage audio (routage par canal, effets) que la cue Vidéo classique (chapitre 8) ; seule la source change.
Protocoles reconnus, détectés automatiquement depuis le préfixe de l'URL saisie : rtsp://, rtsps://, rtmp://, rtmps://, srt://, rist://, udp://, rtp://, tcp://, ainsi que http:///https:// pour un flux HLS (.m3u8) ou DASH (.mpd).
Chapitre 14
Deux cues dédiées permettent de piloter une caméra motorisée pan/tilt/zoom (PTZ) directement depuis une cue, sans logiciel tiers : déplacement, zoom, rappel/enregistrement de préréglages ("presets").
Protocole binaire standard, repris par la plupart des caméras PTZ pro/broadcast (Sony et compatibles). Chaque caméra se patche une fois dans Préférences > VISCA (destination, port - 52381 par défaut -, adresse sur le bus VISCA de 1 à 7), puis chaque cue VISCA choisit une caméra patchée et une commande (pan/tilt dans les 4 directions + arrêt, zoom avant/arrière/arrêt, position home, rappel ou enregistrement d'un preset de 0 à 127).
Standard ouvert basé sur SOAP/HTTP, répandu sur les caméras IP de vidéosurveillance et certains modèles broadcast. Chaque caméra se patche dans Préférences > ONVIF (destination, port, identifiant/mot de passe, profil média et chemin du service - à vérifier au cas par cas selon le modèle, la valeur par défaut ne convient pas à toutes les marques). Commandes disponibles : déplacement continu (vitesses pan/tilt/zoom réglables), arrêt, position home, rappel/enregistrement d'un preset (identifié par un nom libre, pas un simple numéro comme en VISCA).
Chapitre 15
Deux types de cues font entrer des sources en direct dans votre séquence. Elles ne lisent pas un fichier mais une entrée configurée une fois pour toutes dans les Préférences (chapitre 2), que chaque cue référence ensuite par son nom.
Affiche une entrée vidéo live sur une surface de projection : webcam, carte d'acquisition USB/PCIe, ou source NDI du réseau (OBS, caméra NDI, application mobile). Même interface qu'une cue Image : surface, durée (0 = tenu jusqu'à stop), géométrie complète (plein écran, opacité, échelle, position, rotations 3D), effets vidéo, et compatibilité avec les cues Fade.
Le son de la source (micro de la webcam, audio embarqué du flux NDI) est routé comme celui d'une cue Vidéo : console master + faders par canal dans l'inspecteur, réglable en direct pendant la lecture, et fondus de volume via les cues Fade.
Joue une entrée audio live dans le routage standard : n'importe quelle entrée de carte son ou de console USB, des canaux Dante (via Dante Virtual Soundcard, qui les expose comme une carte son), ou l'audio seul d'une source NDI (la vidéo n'est alors pas transmise, ce qui allège le réseau). Console master + faders comme une cue Audio, durée optionnelle, fondus via les cues Fade.
Certaines sources livrent le son en retard sur l'image (fréquent avec les applications NDI mobiles) ou l'inverse. Le champ de synchro A/V de chaque entrée vidéo (Préférences > Vidéo > Entrées) décale l'un ou l'autre : réglez-le à l'oreille pendant qu'une cue In Video joue, l'effet est immédiat.
Chapitre 16
La cue Texte affiche un texte sur une surface de projection : surtitrage d'opéra ou de pièce en langue étrangère, accessibilité, messages à l'écran. Le texte est multiligne, avec les réglages de style classiques : police et taille, gras/italique/souligné, couleur, surlignage (couleur derrière le texte), position verticale (bas par défaut, centre ou haut), et un fond transparent par défaut - le texte se superpose alors à ce qui joue déjà sur la surface, une vidéo par exemple - ou de la couleur de votre choix.
Chaque cue Texte a un fondu d'entrée et un fondu de sortie (1 seconde par défaut) et une durée optionnelle (0 = tenu jusqu'à stop). Tous les réglages s'appliquent en direct pendant l'affichage. Le nom de la cue suit automatiquement la première ligne du texte tant que vous ne la renommez pas.
Comportement clé : lancer une cue Texte là où une autre est affichée remplace l'ancienne en fondu croisé. Vous enchaînez les textes sans jamais stopper le précédent.
Fichier > Importer des sous-titres (.srt) crée un groupe contenant une cue Texte par sous-titre. En régie, tout se pilote à la barre d'espace : le premier GO affiche la première ligne (le curseur de lecture reste sur le groupe), chaque GO suivant passe à la ligne suivante en fondu croisé, et à la fin du fichier le curseur reprend son cours sur la cue d'après.
Chapitre 17
Le bouton « ⏱ Timeline » de la barre d'outils ouvre, sous la liste des cues, une vue temporelle de votre conduite. Elle complète la liste sans la remplacer : elle sert à voir les recouvrements et à caler les attentes. Votre choix (ouverte ou fermée) est mémorisé d'une session à l'autre.
Une cue n'a pas d'heure fixe : elle part quand vous appuyez sur GO. La vue est donc calculée à partir des pré-attentes, des durées, des post-attentes et des cases Auto-continue (la suivante part en même temps) et Auto-follow (la suivante part quand celle-ci est terminée). Chaque GO manuel ferme un bloc, matérialisé par une barre « GO » en pointillés. Entre deux blocs, la vue n'invente aucun temps.
Le bouton de la barre du panneau alterne entre « Temps cumulé », où les blocs sont posés bout à bout sur une règle continue, et « Temps par bloc », où chaque bloc repart de zéro. En cumulé, le total affiché est une « Durée minimale » : il suppose chaque GO manuel donné sans attendre, ce qui n'arrive jamais en spectacle. Les boutons de zoom et d'ajustement de la même barre servent à faire tenir toute la conduite dans la largeur.
Les clips sont rangés par piste : Vidéo, Image, Texte, Audio, Contrôle et Conduite. Les cues sans durée (MIDI, OSC, Stop, GoTo...) sont des losanges. Une cue désarmée est hachurée : elle garde sa largeur mais n'occupe aucun temps. Un média en boucle est dessiné sur la durée d'un tour. Les groupes sont dépliés en sous-clips, éditables comme les autres.
Chaque sous-ligne porte le nom de l'écran où la cue s'affiche. Quand deux cues visuelles occupent le même écran au même moment, elles sont cernées de rouge, avec un triangle d'alerte et un compteur dans la barre du panneau : l'une cache l'autre. Deux audios sur les mêmes canaux se mélangent et deux cues Texte sur la même surface se remplacent, ce ne sont donc pas des conflits.
Glisser le corps d'un clip décale son attente d'entrée (la pré-attente) et, avec elle, toute la suite du bloc. Tirer le bord droit change sa durée. Tirer le bord gauche rogne son début sans déplacer sa fin. Une pastille affiche la valeur pendant le geste. Les bords s'accrochent à ceux des autres clips du même bloc, et la touche Alt coupe cet accrochage. Un geste entier s'annule d'un seul Ctrl+Z. Le cadenas de la barre d'outils protège aussi la Timeline : la barre du panneau affiche alors « 🔒 Verrouillé » et refuse les gestes.
Une fois la vue sélectionnée : flèches gauche et droite pour passer d'une cue à l'autre, Début et Fin pour aller aux extrémités, Maj + flèche pour déplacer d'un pas de 0,1 s, Ctrl + Maj + flèche pour un pas fin de 0,01 s, et les touches +, - et 0 pour zoomer et ajuster. Ctrl + molette zoome autour du curseur. Les flèches haut et bas restent celles de la navigation entre cues. Un double-clic sur un clip cale la tête de lecture de l'application dessus.
Une tête de lecture, un trait vert dont le fanion se pose dans la règle, suit l'avancement de la cue la plus avancée, et un repère pointillé marque la cue qui partira au prochain GO. Elle est déduite de ce qui joue : sans lecture, il n'y a pas de tête, et avec un média en boucle elle dépasse le clip dessiné. En coworking, elle avance aussi sur un poste client.
Chapitre 18
Ces réglages se trouvent dans les Préférences, onglet Vidéo, sous-onglet Surfaces : choisissez une surface, puis ses onglets « Géométrie / Masque » et « Warp ». Une surface suit toujours le même chemin : l'image passe d'abord par le warp, qui la déforme, puis par le masque, qui ne laisse voir que la forme. Le masque est fixe sur la sortie, comme un masque de calque : il ne déforme jamais l'image, et c'est le warp qui la fait entrer dans la forme.
Dans l'onglet « Géométrie / Masque », la liste « Forme » décrit l'objet sur lequel vous projetez : Aucune (l'écran rectangulaire habituel), Boule, Cylindre, Rectangle, Triangle ou Polygone. Le polygone a de 3 à 12 côtés ; le cylindre est une colonne (verticale) ou un tube couché (horizontal).
Tout ce qui sort de la forme est noir sur la sortie, quoi qu'il arrive : même ce que le warp pousse au-delà, même pendant le fondu d'une cue. La liste « Masque » propose « Selon la forme », par défaut, ou « Depuis une image ».
« Depuis une image » utilise une image en noir et blanc, comme un masque de calque : le blanc est affiché, le noir masqué, le gris à moitié, et une zone transparente compte comme noire. L'image est étirée à la taille de la surface et enregistrée avec elle : elle suit la surface en coworking et sur un autre poste, sans fichier à transporter. Forme et masque se combinent : une Boule avec un masque image projette la vidéo dans la boule tout en découpant, par exemple, son pied. Revenir à « Selon la forme » garde l'image pour plus tard.
Dans l'onglet « Géométrie / Masque », la case « Noir en dehors de la zone projetée (masque le bureau) » règle ce qu'on voit autour de la zone utile (warp, keystone, surface réduite). Elle est cochée par défaut sur une surface neuve : tout ce qui est hors de l'image est noir, et le fondu d'une cue va vers le noir. Décochée, la surface reste transparente : un fondu va vers ce qui se trouve derrière (le bureau, ou une autre surface), ce qui sert aux montages en superposition comme les surtitres. Une surface créée avec une version antérieure du logiciel garde son réglage d'alors.
Dans l'onglet « Warp », la grille déforme l'image pour la faire entrer dans la forme : à la main, point par point, ou avec l'« Aide au plaquage », de 0 % (l'image telle quelle) à 100 % (elle remplit exactement la forme). Chaque changement se voit tout de suite, sans bouton « Appliquer ». Les points de la grille se posent sur la forme, et une retouche faite à la main reste attachée à son point : changer le pourcentage ne la perd pas. À 0 %, c'est le warp habituel.
Le format d'un média se règle dans sa cue (vidéo, flux, image ou entrée vidéo), groupe « Média sphérique », liste « Format » : Normale par défaut, Domemaster (un cercle, une demi-sphère), Équirectangulaire (image 2:1 qui couvre toute la sphère, le format courant des vidéos 360°) ou Double fisheye (deux cercles côte à côte, d'une caméra 360° à deux objectifs). Avec un format sphérique apparaissent :
Un média sphérique n'est projeté dans la forme que sur une surface Boule ou Cylindre, et automatiquement ; sur une autre forme, il passe tel quel, masqué. Une vidéo plate n'est jamais convertie d'elle-même : pour la courber sur une boule, c'est l'aide au plaquage.
La mire et l'aperçu tracent la forme fixe, comme l'objet réel : contour, et pour une boule ses méridiens et parallèles. Seule la grille de la mire montre le warp, ce qui permet de voir l'image glisser sous une forme qui ne bouge pas.
« Exporter la déformation… » enregistre la grille dans un fichier .jmqw, et « Importer une déformation… » remplace la grille de la surface par celle d'un fichier, y compris venu d'un autre poste. Seule la grille voyage : colonnes, lignes, mode d'interpolation et position de chaque point, mais ni le nom de la surface, ni sa sortie, ni sa géométrie, ni son edge blending. L'import n'active pas le warp : activez-le vous-même une fois la grille vérifiée. Un fichier incohérent est refusé avec un message.
Chapitre 19
JustMakeQ embarque un serveur MCP (Model Context Protocol), qui permet à un assistant IA compatible (Claude Code, Claude Desktop, Codex...) de piloter une session ouverte : lister, créer, modifier ou réordonner des cues, déclencher GO/Stop/Pause.
Désactivé par défaut. Le port d'écoute (53020) et l'interface réseau (localhost par défaut) se règlent ici, ainsi que le jeton d'accès requis pour toute connexion.
localhost sur un réseau non maîtrisé. Le bouton "Régénérer" révoque immédiatement l'accès de tout client déjà configuré avec l'ancien jeton.
Une fois le serveur activé, l'onglet propose des exemples de configuration prêts à copier pour les principaux clients IA (commande CLI, fichier .mcp.json, config.toml).
Chapitre 20
Le coworking permet à plusieurs régisseurs de piloter la même séquence en même temps depuis des postes différents : un hôte joue réellement les médias, les clients connectés voient l'état en direct (cue-list, statuts, playhead) et peuvent, selon leur niveau de permission, éditer la séquence ou déclencher des commandes de transport.
Accessible via le menu Fichier > "Session coworking..." : démarrer une session en tant qu'hôte, ou rejoindre une session découverte automatiquement sur le réseau local. L'hôte approuve manuellement chaque nouvelle connexion et peut ajuster à tout moment le niveau de chaque client (lecture seule, édition, ou contrôle complet) depuis le dialogue "Collaborateurs".
ws://, port 53015) : à réserver à un réseau technique de confiance, à éviter sur un Wi-Fi de salle partagée avec le public.
Chapitre 21
Le menu "?" > "Voir les journaux..." ouvre directement le dossier contenant les fichiers de log, horodatés à chaque lancement. En cas de plantage, ce dossier contient soit une exception Python complète, soit - pour un plantage plus bas niveau (natif) - un fichier séparé *_fault.log avec la pile de tous les threads au moment de la faute. Joindre ces fichiers à toute demande de support accélère beaucoup le diagnostic.
Pour toute question non couverte ici, la page Support permet de contacter directement l'équipe.